Des grèves "joyeuses" aux accords de Matignon

En mai-juin 1936, les grèves ouvrières sont parfois décrites comme un moment de joie et d’espoir. Dans ses articles publiés dans La Révolution prolétarienne, la philosophe Simone Weil parle de « grèves joyeuses », soulignant que, au‑delà des revendications, les ouvriers vivent ces mouvements comme un moment de liberté et de solidarité. Cette mobilisation exceptionnelle conduit rapidement à des négociations entre syndicats, patronat et État, qui aboutissent aux accords de Matignon.

- Les  grèves de mai-juin 1936 -

Au printemps 1936, de grandes grèves éclatent en France, avant même la formation du gouvernement de Léon Blum. Parties du Havre, elles se répandent rapidement dans tout le pays et prennent une forme nouvelle : les ouvriers occupent les usines. Ces grèves expriment de fortes attentes sociales et poussent le gouvernement et le patronat à négocier, ouvrant la voie aux accords de Matignon.

Des ouvriers grévistes occupent leur usine en mai 1936, lors des vastes manifestations qui ont marqué le gouvernement du Front populaire en 1936. Photo AFP.

 

Des ouvriers en grève occupent leur usine et dansent en mai 1936, lors des immenses manifestations qui ont marqué le gouvernement du Front populaire en 1936. Photo AFP.
Des ouvriers grévistes qui occupent les usines Renault posent pour le photographe à l'intérieur de l'établissement Renault à Boulogne-Billancourt au mois de mai 1936 lors des grandes grèves qui ont marqué le gouvernement du Front populaire en 1936. Photo AFP
Élus et ouvriers grévistes quittent l’usine Renault de Boulogne-Billancourt le 13 juin 1936, dernier jour de l’occupation commencée le 22 mai. L’usine est évacuée en cortège, précédé par un camion chargé de musiciens jouant alternativement la Marseillaise et l’Internationale, tandis que des élus communistes et SFIO défilent en tête, parmi lesquels le sénateur-maire socialiste André Morizet (2e à partir de la gauche, avec une écharpe tricolore) et le député communiste Coste (à la gauche de Morizet). Photo AFP
Des ouvriers en grève font une pause déjeuner en mai 1936, lors des grandes manifestations qui ont marqué le gouvernement du Front populaire. Photo AFP

- La mobilisation des femmes -

Les femmes participent elles aussi aux mouvements sociaux de 1936. Elles prennent part aux grèves dans les usines et manifestent dans la rue pour réclamer davantage de droits, notamment le droit de vote.

Photo datée du mois de mai-juin 1936 d'une manifestation de femmes militantes du parti communiste, avec en tête la Chorale ouvrière d'Ivry, à Paris, pendant les grandes grèves qui ont marqué le gouvernement du Front populaire en 1936. AFP
Photo prise en 1936 à Paris montrant des femmes manifestant dans le cadre d’une campagne pour le droit de vote. AFP

- Les accords de Matignon -

Les grandes grèves de mai‑juin 1936 conduisent à la signature des accords de Matignon. Ils sont signés dans la nuit du 7 au 8 juin 1936 entre les représentants des patrons, les syndicats ouvriers (la CGT) et l’État. Ces accords apportent des avancées importantes pour les travailleurs, comme l’instauration de deux semaines de congés payés et la réduction du temps de travail à 40 heures par semaine.

Des gens font la queue dans une gare pour obtenir des billets de « congés annuels », après la signature des accords de Matignon, qui offrent aux salariés deux semaines de congés payés, par le gouvernement du Front populaire le 7 juin 1936. Photo AFP